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 "La voleuse de livres" de Marcus Zusack

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AuteurMessage
chrysta



Messages : 173
Date d'inscription : 15/01/2017

MessageSujet: "La voleuse de livres" de Marcus Zusack   Mer 2 Mai - 5:41

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Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée.
Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt ? Ou sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce joli surnom : la Voleuse de livres...

" Best-seller international, cette fable singulière envoûte par son audace et son originalité. " Questions de femmes

" Ironique et paradoxal, La Voleuse de livres appartient à ce genre hybride d'ouvrages destinés à la fois aux adolescents et aux adultes. " Le Monde des Livres




« L’Allemagne nazie est un lieu merveilleux », pense Liesel après avoir trouvé une pièce et pu avec cela acheter un sucre d’orge. Nous sommes à ce moment dans les prémisses de la seconde guerre dont la petite rue Himmel est jusque-là épargnée si ce n’est par les premières retombées économiques. On perçoit aussi les débuts des troubles qui ont amenée la mère de Liesel à la confier à un couple, ce car elle était communiste, en tous les cas c’est ce que Liesel supposera plus tard.

Peu à peu, avec le regard de l’enfant qui grandit, et de ce qu’elle comprend du monde des adultes, on entre plus avant dans la guerre, et la montée de l’antisémitisme. Petit à petit, le monde merveilleux se transforme au fil des ans, de la guerre qui avance et du regard de Liesel qui murit.

C’est un livre qui se passe en période de guerre, il y en a eu beaucoup, et pour autant celui-ci a l’originalité de livrer le vécu d’une famille peu aisée dans l’Allemagne nazie, et même plus puisque c’est un peu la vie d’un quartier, et de traiter la guerre de leur point de vue, et plus précisément du point de vue d’une enfant que nous suivons de ses 9 à ses 14 ans. Aux côtés de Hans, Rosa, Rudy, et autres, on perçoit l’impact progressif des idéaux hitlériens sur la vie quotidienne, les jeunesses hitlériennes, les antipathies envers les juifs, etc. ON perçoit aussi comment chacun fait avec cela et tente de faire malgré tout ce qui semble juste, comme dans l’accueil que Hans fait à Max en cette période où héberger un juif est synonyme de mort.

L’histoire, c’est la Mort qui la narre, parfois en étant assez présente, parfois pas, à tel point que longtemps et souvent au fil des pages j’en ai oublié que c’est la Mort qui racontait tant cela donnait juste la sensation d’une narration externe. Et parfois, la Mort se rappelle à nous, elle se nomme plus, est plus présente, parle de ce qu’elle voit, vit, en tant que Mort, dans cette période tourmentée qui l’a amenée à un surcroit de travail. Et elle, la Mort, est souvent plus humaine que ces humains qui peuvent être si détestables et si admirables en même temps. Il y a tant de bon que de mauvais en l’homme, et cette singularité fait que les humaines intriguent a Mort et lui font tout en même temps peur.

Dans mon premier bout de commentaire après lecture de la moitié du livre, j’avais souligné mon intérêt en amont de la lecture pour le choix de l’auteur de faire de la Mort le narrateur, et j’avais dit avoir été un peu déçue de trop souvent la confondre avec un narrateur externe peu personnalisé car elle n’apparaissait que peu en tant qu’elle-même, ou en tous les cas j’avais vite fait de l’oublier tant le ton pouvait être celui de n’importe quel narrateur, ce à l’exception de brefs passages. Elle apparaît de plus au plus dans la seconde partie, et pour cause, c’est aussi la partie où la guerre vient vraiment s’inviter dans Molching, après n’avoir été pour les habitants qu’une idée lointaine, qui, certes, venait peu à peu les priver de leurs ressources, leur donnait de l’inquiétude pour leurs enfants partis combattre, mais dont ils ne vivaient pas les affres des bombardements et autre. Or, peu à peu, la guerre et ses horreurs s’invite dans leur quotidien, les frappant de jour comme de nuit pour les amener à se cacher, leur montrant le visage du traitement des juifs, de comment les aider serait préjudiciable pour chacun

Et la Mort s’invite de plus en plus dans chaque page, plus humaine que bien des hommes et femmes. Fatiguée de son travail, elle livre sur les hommes un regard non dénué d’émotion. Elle livre comment elle est touchée de ce qui se passe, des douches, et de comment elle peut faire preuve de douceur, de compassion, pour emmener les âmes.

Et au plus la Mort s’invite, au plus on sort du monde de l’enfance. C’est comme un parallèle entre Liesel qui grandit et qui perçoit également de plus en plus de choses, elle ne les explique plus avec son âme et son regard d’enfant

Ce livre, je l’ai traversé sans trop être touchée ou émue comme je l’aurai pensé, ce du fait du point de vue adopté qui fait souvent imaginer sans trop dire ou trop montrer, ce aussi certainement car la mort narre comme un constat et rarement avec des émotions, ce aussi car les mauvais côtés sont aussi transformés par le regard d’enfant qui ne voit pas toute la gravité de ce qui se déroule et continue tant que faire se peut de penser un monde plus beau que ce qu’il est. Et puis il y a aussi les mécanismes de défenses individuels qui font que j’entre dans ce type de lecture en me blindant un peu, autant que faire se peut.

En tous les cas, j’ai apprécié cette lecture commune qui peut (sans que cela soit un jugement négatif) être à mon sens proposée à de jeunes ados pour toucher un peu du doigt la guerre d’une manière moins abrupte que par d’autres œuvres. Celle-ci reste tout de même du côté d’une forme de fable, avec des bons côtés, même si l’on perçoit l’horreur en toile de fond.

Ce que j’ai, je pense, le plus apprécié dans ce roman, ce sont les relations humaines qui se tissent , des relations plus ou moins fortes mais riches de ce qu’elles nous montrent. J’ai aussi été très touchée par tout ce qui peu à peu prend forme entre Max et la famille qui l’accueille, entre Max et Liesel, ainsi que le risque qu’elle prendra, déconnectée qu’elle semble petre de ce qui se passe, ou n’ayant plus envie de penser à ce qu’lele peut perdre, quand elle le voit dans cette « marche des juifs »

Ce qui est dingue c’est que ce livre, si on le creuse, est horrible dans ce qu’il nous montre et nous dit, et pour autant, la vie continue à s’écouler, et les quelques éléments d’horreur s’y diluent. D’une certaine manière, il me fait penser à cette « banalité du mal » qu’évoque Hanna Arendt, et ce même si au milieu de tout cela il y a eu, y aura toujours, des gens formidables qui risqueront beaucoup pour ne pas plier.

Une belle découverte, j’envisage de tenter le film
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