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 "Rien ne s'oppose à la nuit" - Delphine De Vigan

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chrysta



Messages : 137
Date d'inscription : 15/01/2017

MessageSujet: "Rien ne s'oppose à la nuit" - Delphine De Vigan   Dim 15 Jan - 19:49

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« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire.
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence.
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.


A mi parcours de lecture :

Dans ce livre mémoire, Delphine De Vigan, allant contre ses réticences de départ, et après le décès de sa mère, décide finalement de retracer dans ces pages l'histoire celle ci, Lucile, dont on sait dès le départ qu'elle vient de se suicider. S'appuyant sur des témoignages familiaux, sur des émissions, sur des lettres, etc ... elle va nous raconter sa mère, l' enfance de celle ci au sein d'une fratrie de neuf qui ne sera pas épargnée par les drames, sa vie de jeune femme, de jeune mère, de grand mère....
A mi livre, je viens rendre compte de ce mélange émotionnel que génére souvent D.De Vigan, mais là peut être plus particulièrement avec ce sujet douloureux, sur lequel dans les chapitres entre deux, ceux dans lesquels elle parle d'elle et de ses difficultés et défenses contre cette écriture doulouereuse mais cathartique, cette écriture qui lui fait rencontrer sa mère enfant, sa mère dans les affres familiaux, sa mère telle qu'elle l'a vécue... avec ses failles, ses souffrances, cette absence qui semble la caractériser depuis l'enfance

Au fil des pages on fait des allers retours d'une époque à l'autre, de Paris dans l'après guerre à aujourd'hui, et on s'y prend au jeu, on perçoit l'ambiance, on revient en arrière dans cette famille mêlée de joies et de souffrances. On assiste aux drames et on les ressent, on avance tant que faire se peut aux côtés de Lucile et de ses frères et soeurs, on se représente ses parents, et tout cela avec une écriture comme d'habitude si épurée, simple, magnifique .... parfois je dirai même enfantine, D De Vigan me semble parler des choses comme un enfant qui les découvre avec ses yeux neufs, elle dépeint les choses sans ambages ni fioritures, tout en même temps qu'elle y met du relief, du contraste avec els émotions nues

Un grand bonheur à lire mais on en ressort pas indemne .....

A la fin de la lecture :

Me voilà arrivée au bout du voyage et c'est avec beacoup d'émotions et les larmes aux yeux que je le termine,n on pas parce que l'histoire s'achève, ni du fait de la manière dont elle s'achève, car nous connaissons la fin dés les premières pages, mais au fil des pages, d'abord au travers de l'enfance, puis de l'âge adulte et de la maladie, dans ses failles, ses forces, se fragilités, par le regard des autres et ses écrits, nous apprenons à connaitre Lucille, et c'est un peu comme si, au fil du roman, au rythme de sa fille qui en narre l'histoire, nous apprenions comme elle à connaitre celle qui a été sa mère dans ses grandeurs et ses décadences, dans ses joies et ses peines, ses crises maniaques et dépressives, ses reconstructions et ses rechutes. Nous apprenons à la connaitre enfant, à vivre à ses côtés ses drames, à resentir ses douleurs.
Nous la voyons s'enfoncer dans la maladie aux côtés de ses filles impuissantes, s'échouer puis se reconstruire, prendre force, courage, recommencer et réussir malgré tout. Alors à cette fin on la perd un peu, on imagine son choix, son renoncement, dans les quelques mots laissés on imagine sa retenue, ses douleurs, et son soulagement, ainsi que l'amour incommesurable pour ses filles.
Dans cette fin, après avoir cheminé aux côtés de l'auteur qui recnstruit sa mère au fil des pages, apprend à la connaitre, à la regarder autrement, on ressent toute la souffrance de cette perte, on est un peu un oeil à ses côtés quand elle la trouve, en prend conscience, et quand ses sens le lui affirme par la suite.
Un livre qui se terminer par des émotions fortes, qui a été tout du long un témoignage de deux vies, de Lucille et de sa fille qui la rencontre en écrivant sur elle. Une vie déchirée, malmenée, de l'enfance à la mort... ue vie que l'on parcourt au fil de ces 400 pages.
Ce livre est comme cette vie, pafois on est passioné, touché, parfois on en a assez, parfois ça s'emballe, on s'inquiète, on court.....
Un roman à lire et à apprécier dans toute la profondeur de ce regard posé par l'auteur, regard d'enfant, de femme, de fille, regard aimant, haineux, difficile, d'incompréhension, ... une rencontre touchante entre une fille et sa mère post mortem.
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MessageSujet: Re: "Rien ne s'oppose à la nuit" - Delphine De Vigan   Mar 28 Mar - 22:11

Je viens de le finir, effectivement il ne laisse pas indemne.

Alors que je me plongeais à corps perdu dans le récit, j'ai eu du mal avec les phases "d'écriture" de l'auteur, même si je pense qu'elles étaient nécessaires non seulement pour nous expliquer sa démarche mais aussi pour la cohérence entre certains passages qui seraient difficiles à lier entre eux sinon

j'ai été émue par la description de Lucile enfant, "enfant star", troisième d'une fratrie de neuf, son besoin de calme et de s'isoler dans le charivari d'une famille nombreuse, la première déchirure avec la mort de son petit frère, ses sentiments ambivalents suite à l'adoption de "l'enfant martyr", le deuxième drame avec la mort de celui-ci (et l'interrogation du suicide), puis la naissance de son dernier petit frère, Tom, trisomique

Puis tout bascule dans la deuxième partie, avec la question de l'inceste, et les prémices de la folie, les scènes très difficiles où Lucile doit être internée, les impacts sur ses filles qui sont encore jeunes lors de ses premières crises
Puis sa lente remontée de la pente, sa reconstruction, des hauts et des bas, la maladie, la guérison
jusqu'au point final, son abandon de la lutte, tout cela selon le point de vue de sa fille qui tente de "d'écrire" sa mère

cela m'a donné envie de lire "Jours sans faim" qu'elle évoque à un moment, j'aurais aimé aussi avoir le point de vue de sa soeur Manon sur leur mère...
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